Le château de Villandry

[bs_well size= »sm »]Situé à quelques kilomètres de Tours, dans la vallée du Cher, le château de Villandry doit avant tout sa renommée à ses jardins, reconstitués au XXe siècle selon l’esprit et l’art de la Renaissance. Quelque peu transformés au XVIIIe siècle, les bâtiments eux-mêmes ont également retrouvé aujourd’hui leur aspect d’origine et apparaissent en parfaite harmonie avec le parc.[/bs_well]

Lorsque le docteur Carvallo et son épouse achètent le domaine de Villandry en 1906, le château était en fort mauvais état : les transformations effectuées au XVIIIe siècle par le marquis de Castellane dans le château comme dans les jardins ont en outre quelque peu dénaturé le style initial du site. Amoureux de son acquisition, le nouveau propriétaire décide de lui restituer son aspect du XVIe siècle.

Médecin brillant dont la carrière ne fait que débuter, Joachim Carvallo abandonne alors ses patients et ses manuels de médecine pour panser les plaies d’un corps de pierre monumental et exhumer le meilleur de son passé. Entreprise réussie, au prix d’un travail titanesque et de sacrifices parfois discutables : les transformations architecturales du siècle les Lumières – nouvelles ouvertures, fermeture de la galerie dans la cour, suppression des meneaux – sont presque totalement effacées et le jardin, romantique et typique du XIXe siècle, est entièrement rasé.

De Colombiers à Villandry

Le château de Villandry est bâti sur les fondations d’une forteresse médiévale: le château de Colombiers. Il ne reste aujourd’hui de cette demeure féodale, définitivement détruite par Jean Le Breton pour l’édification de son château en 1532, qu’un donjon carré crénelé du XIIe siècle. Le village de Colombiers, de même que le nouveau château, est alors rebaptisé Vilandry.

Propriété de la famille Le Breton pendant plus de deux siècles, le château de Villandry est acheté en 1754 par Michel-Ange de Castellane, ambassadeur de Louis XV, qui y entreprend de profondes transformations. Conformément aux goûts alors en vogue, au siècle des Lumières, celui-ci fait percer de nombreuse fenêtres dans le château; mure la galerie ouverte de la cour et fait élever de nombreux communs dans le style classique. Si Joachim Carvallo s’est attaché à masquer ou à supprimer la plupart de ces aménagements du XVIIIe siècle, l’intérieur du château demeure quant à lui imprégné du style de cette époque.

L’équilibre et la légèreté du style Renaissance

Bâti en bordure du Cher et dominant le village qui porte son nom, le château de Villandry forme un rectangle ouvert : deux ailes s’étendent perpendiculairement au corps du logis principal, formant avec lui une cour intérieure bordée d’une galerie ouvert. Une quatrième aile, détruite au XVIIIe siècle, fermait à l’origine la cour.

Les hauts toits du château sont percés de grandes lucarnes. L’ensemble reflété dans les douves qui entourent le château, offre un spectacle particulièrement beau au crépuscule. À  l’intérieur, les pièces sont restées fidèles aux aménagements du XVIIIe siècle : escalier d’honneur typique de l’époque classique, boiseries. Plus tardive, la chambre dite du « Prince Jérôme » (lit Empire et tentures rouges) témoigne du passage du frère de Bonaparte, propriétaire éphémère des lieux mais qui n’y vécut jamais.

Les jardins : esthétique et spiritualité

Joyaux du site, les jardins de Villandry –  6 hectares environ – offrent un magnifique exemple de jardins Renaissance, patiemment reconstitués par Joachim Carvallo à partir de documents des XVIe et XVIIe siècles. Conçus pour le plaisir des sens, ces jardins sont aussi fortement empreints d’une symbolique biblique – labyrinthe, cloître végétal entourant le « jardin d’eau  » – qui leur donne également une dimension spirituelle.

L’immense potager illustre ce double souci du corps et de l’esprit, faisant cohabiter des cultures utilitaires, notamment des légumes et des fruits, avec des plantes d’ornement comme les roses, les tulipes ou les bégonias. Dédiés l’un à l’amour, l’autre à la musique, les jardins d’ornement rivalisent de formes et de couleurs évocatrices : cœurs, harpes, lyres surgissent comme par magie des haies de buis et des massifs de bégonias.